Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Julie de Barbeyrac est canadienne. Après avoir étudié l’ergothérapie, elle travaille pendant 5 ans avec des enfants autistes au Québec. Peu après, elle suit une formation master en santé publique internationale. A la fin de son cursus, elle est contactée par le siège d’Action contre la Faim de Paris pour rejoindre les équipes psychosociales. Sa première mission sur le terrain est la Birmanie. A son retour, elle nous fait part de son expérience dans ce pays, et du rôle primordial de l’aspect psychosocial dans le processus de guérison de la malnutrition.
Les Rohingyas, un peuple sans terre
Dans ce pays du sud-est asiatique, frontalier de l’Inde et de la Chine, la population birmane et le bouddhisme sont l’ethnie et la religion majoritaires. Cependant plusieurs autres ethnies et
religions sont ancrées sur le territoire de l’Union de Myanmar, dont celle des Rohingyas. Sous cette appellation, on désigne communément les musulmans originaires du sous continent indien
vivant dans le nord de l’Etat de Rakhine, province frontalière du Bangladesh. En 1982, lors d’une réforme de la loi sur la nationalité, la junte militaire au pouvoir décide de ne plus
reconnaître la citoyenneté birmane à cette population musulmane. De ce fait, il leur est par exemple très difficile de se déplacer sans autorisation, leurs terres ne leur appartiennent plus.
Beaucoup d’ailleurs fuient sur les routes, souhaitant rallier le Bangladesh voisin, provoquant un véritable exode.
Action contre la Faim intervient depuis 15 ans dans ce pays. Fidèle aux valeurs de sa charte, ACF s’efforce de venir en aide à la population, sans tenir compte de l’ethnie ou de la religion.
Ainsi, depuis son arrivée, Action contre la Faim a ouvert différents programmes dans le pays : des programmes de nutrition à Sitwee à l’ouest, des programmes d’accès à l’eau, d’assainissement,
d’hygiène, et de sécurité alimentaire dans la province du Kayah à l’est et dans le delta de l’Irrawaddy au sud, et des programmes de nutrition, d’eau, assainissement et hygiène, et de sécurité
alimentaire dans le nord Rakhine. Aujourd’hui avec une vingtaine d’expatriés et près de 600 employés locaux la Birmanie est l’une des plus importantes missions d’ACF. En 2008, une aide a été
ainsi apportée à plus de 250 000 personnes. Intégrant la multiethnicité de cette nation, ACF recrute ses salariés dans toutes les communautés, dans un souci d’équilibre. Ces dispositions
permettent une relative acceptation de la présence d’ACF au sein des différentes communautés, et un dialogue intercommunautaire au sein des équipes. Si elle est assez bien perçue par la
population, les rapports avec les autorités sont parfois plus complexes. La lourdeur administrative empêche le déploiement d’une action humanitaire de très grande ampleur.
Recréer le lien Mère-enfant
Julie est responsable des programmes des pratiques de soins à Sittwe associés aux programmes nutritionnels. Sa journée commence à 8 h 30, par l’accueil du staff national. C’est le moment où il
faut régler les soucis internes et manager les équipes pour la journée. Puis, l’équipe part à la rencontre des patients et vérifient leur état de santé. Deux membres de l’équipe se chargent
d’accueillir les mères arrivant au centre nutritionnel avec leur enfant, et déterminent, en plus de la prise en charge de l’enfant malnutri, s’il y a lieu de faire suivre une thérapie
individuelle à la maman, souvent très jeune et désorientée. La journée s’écoule en diverses activités allant de la détection de la malnutrition chez l’enfant à l’encadrement psychologique de la
mère souffrant souvent d’un profond traumatisme (abandon du mari, perte d’un enfant, isolement de la communauté). En théorie, Julie termine sa journée à 19 h 30, mais comme elle l’avoue
elle-même, celle-ci ne se termine jamais vraiment. De retour dans la maison où est logé l’encadrement d’Action contre la Faim, les équipes continuent d’échanger et de discuter de certains cas
qui les préoccupent ou au contraire dont ils notent des améliorations. L’inconfort des conditions de vie, la dureté du travail sont contrebalancés par « l’envie qui anime les équipes et leur
implication dans les programmes », nous raconte Julie.
Pourquoi faire de la psychologie pour lutter contre la faim ? La question est peu connue mais n’en reste pas moins essentielle. Par son expérience, Action contre la Faim sait que combattre ce
fléau de façon ponctuelle, en ne traitant que la malnutrition, ne suffit pas. Chez l’enfant, la malnutrition peut être certes causée par une mauvaise alimentation, mais aussi et plus
généralement qu’on ne le croit, par le délabrement de la cellule familiale, entraînant souvent de mauvaises pratiques de soins. En effet, la position de la femme dans la culture Rohingya est
très « traditionnelle » ; pour beaucoup sa place est la maison. C’est ainsi par exemple que la femme birmane n’a pas de système de portage (tel le boubou africain) pour son enfant, elle n’est
pas censée sortir de chez elle. De plus, en Birmanie, il n’est pas rare que les femmes soient délaissées par leurs maris, soit pour une autre épouse, soit parce qu’ils sont partis chercher du
travail ailleurs. Abandonnées et isolées du reste de la communauté, elles n’ont alors que très peu de moyens pour survivre. Les infrastructures sanitaires manquent cruellement, elles sont alors
complètement démunies face à un enfant malnutri qui refuse de manger, qui est très irritable, et ne cesse de pleurer. Elles ont donc tendance à se détacher de cet enfant, et ce pour au moins
deux raisons.
Tout d’abord, beaucoup de ces femmes ont déjà perdu un enfant, certaines ont vu mourir deux de leurs enfants en vingt jours, elles se détachent alors de l’enfant par « peur du deuil »nous
explique Julie. Aussi, l’une des premières tâches de Julie est de recréer le lien mère-enfant en les accompagnant tous les deux lors du processus de guérison. Ce lien filial est très important
dans le traitement de la malnutrition, car ce n’est qu’une fois épanoui au sein de sa famille que l’enfant peut véritablement guérir et s’ouvrir au monde extérieur.
Mais le travail de Julie comporte également une autre dimension toute aussi importante. De nombreuses mères ont été mariées très jeunes, sans avoir pu suivre une réelle éducation, et ont
ensuite été emmenées loin de leur foyer. Au nord Rakhine, le suivi de grossesse n’existe pas, beaucoup ignorent donc les bonnes pratiques à adopter pour s’occuper d’un enfant. Parfois, ces
femmes cachent aussi un profond traumatisme ; le travail de Julie consiste alors à aider ses mères à leur monter comment allaiter l’enfant, le sevrer, et comment faire lorsqu’il pleure. Au sein
des centres nutritionnels, des groupes de paroles sont constitués, les femmes peuvent s’exprimer en toute liberté. Julie et son équipe vont profiter des moments passés au centre pour leur
donner des conseils sur l’hygiène, les bonnes pratiques d’allaitement, et favoriser le contact entre la mère et l’enfant par l’univers du jeu afin de recréer ce lien mère-enfant, aussi ténu
soit-il.
La mère est libre de repartir quand elle le souhaite, aussi Julie et ses équipes travaillent beaucoup sur la responsabilisation en tant que femme et en tant que mère afin d’éviter toute rechute
et assure un suivi de plusieurs semaines après le départ des mères du CNT, chaque fois que cela est possible. En quittant le CNT, la mère doit être dans un meilleur état d’esprit. La famille
(mari, frères et sœurs de l’enfant malnutri) est volontiers associés au processus de guérison afin d’éviter les tensions futures. Quant à la portée de son action, Julie prend du recul : « En
Birmanie, il y a très peu de traditions de soins, on ne peut être sûr que les mères continuent les soins chez elles et sur une longue période, mais une mère cherche toujours le meilleur pour
son enfant ».
« On sait pourquoi on est là. »
Si le rétablissement du lien mère-enfant est un préalable à toute guérison, ce n’est pourtant pas suffisant. Au sein des CNT, l’enfant a été soigné et la mère a pu exprimer ses problèmes et ses
traumatismes mais l’un des aspects du travail de Julie est aussi d’assurer la pérennité des résultats obtenus au centre. Or, dans une société où, par tradition, la femme est réduite au rôle
d’épouse, il est très difficile de travailler sur la réinsertion sociale. Le suivi psychologique assuré par les équipes d’Action contre la Faim doit donc tenir compte de ce contexte ; et aider
les personnes suivies dans le centre à retrouver une position sociale, à travers l’exercice d’un métier qui les revalorisera et qui leur donnera les moyens de survivre. Pour cela, des cours de
couture sont donnés aux mamans ainsi qu’aux enfants en âge. Ils confectionnent leurs propres vêtements et cela favorise l’émergence d’une économie familiale, assurant ainsi le devenir de la
mère, de l’enfant et de la famille.
Parce que l’être humain évolue dans un contexte, au cœur d’un groupe social, combattre la faim ce n’est pas uniquement assurer l’alimentation et traiter les cas de malnutrition. Action contre
la Faim, au cours de ses trente années de lutte a su entrevoir les différentes dimensions du fléau et a compris à quel point l’approche psychosociale était une partie intégrante du problème.
Lutter contre la faim, c’est aussi combattre le lot de malheurs qu’elle colporte. Pour autant, s’il est facile de l’écrire, la réalité du terrain est parfois tout autre : comment être sûr que
les femmes appliquent les recommandations prescrites dans ce pays où se déplacer est si compliqué? Action contre la Faim, comme acteur humanitaire doit d’ailleurs régulièrement s’interroger sur
ses stratégies, prendre du recul et se poser de nombreuses questions : comment travailler avec l’administration ? Où intervenir, il y a tant à faire ? Comment définir les priorités dans les
programmes ? Pour Julie, « il y a toujours un risque de vouloir faire du développement avec du matériel d’urgence. »
On comprend donc que la malnutrition est une problématique complexe. Traiter la maladie seule ne suffit pas à guérir l’enfant de manière durable. Très vite, il faut intégrer la dimension
psychosociale de cette calamité pour être efficace et sauver durablement des vies. En ce qui concerne Julie, qui à son arrivée devait encadrer une équipe peu formée aux missions confuses, le
fait d’avoir su donner un sens à son activité et initier une cohésion de groupe, est suffisant : « on sait pourquoi on est là. »
"Nous réaffirmons nos engagements concernant l'Aide publique au développement (ADP) et l'assistance internationale, pris lors du sommet de Gleneagles" (Ecosse) en 2005, a affirmé dans son communiqué final le G8 - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie.
Lors de ce sommet, le G8 s'était engagé à augmenter de plus de 26 milliards de dollars son aide à l'Afrique d'ici 2010. Après plusieurs révisions à la baisse, le chiffre a été ramené à 21,8 milliards.
"Nous avons confirmé ces engagements, ils seront tenus, qu'il s'agisse de ceux des Etats ou des organisations internationales. Mais cela n'est pas assez, il faut aller au-delà et mobiliser toutes les ressources disponibles contre la crise", a indiqué le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion.
Concernant spécifiquement l'Afrique, à laquelle ce G8 avait promis d'accorder une large place, les participants indiquent "avoir mis l'accent en particulier sur le besoin de régler la question de la mobilisation de capitaux privés pour le financement d'infrastructures", selon le communiqué.
Plus concrètement, à l'initiative de l'Italie qui préside le G8 en 2009, les participants ont proposé de "réduire de 50% les commissions sur les transferts d'argent des immigrés" vers leur pays d'origine, une mesure qui permettrait de dégager "entre 12 et 15 milliards de dollars" par an, a précisé M. Frattini.
"Nous nous réjouissons qu'ait été pris en compte la relance de l'agriculture sur le continent africain", a déclaré le secrétaire d'Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, estimant qu'un tel "consensus pouvait aider à l'accélération de la réalisation des objectifs du Millénaire" fixés par les Nations Unies en matière de réduction de la malnutritionLe cap historique du milliard de personnes souffrant de la faim a été franchi en 2009… soit un sixième de la population mondiale. En 2000, tous les chefs d’Etat s'étaient pourtant engagés à diviser de moitié ce chiffre honteux d'ici 2015. Le sommet du G8 de l’Aquila a pour thème la sécurité alimentaire dans les pays en développement face à l’impact croissant de la crise économique et des changements climatiques. Depuis un an, les promesses fusent avec peu de réalisations concrètes. ACF appelle à des mécanismes de financement innovants, pérennes et transparents pour prévenir et traiter la malnutrition,
En juin 2008, lors du sommet de la FAO à Rome puis lors du G8 d’Hokkaïdo de nombreuses promesses avaient été faites pour faire face à l’insécurité alimentaire rendue visible aux yeux du monde par les émeutes de la faim. Dix milliards de dollars avaient notamment été promis à Hokkaïdo pour faire face à la crise. Les Etats assurent aujourd’hui avoir engagé ces fonds et pourtant il n’existe aucune procédure de traçabilité de ces engagements, aucun document récapitulatif de ces investissements, aucune évaluation de leur efficacité… Etaient-ils des fonds additionnels ou des montants habituels d’aide ? Quelle était la durée d’engagement de ces fonds ? Etaient-ce des prêts ou des dons ?... Ce suivi des engagements financiers contre la faim constituait l’un des 3 piliers du Fonds mondial contre la Faim et la Malnutrition initié par Action contre la Faim aux lendemains des émeutes de la faim. Or cet élément a été totalement abandonné dans le projet de Partenariat Mondial pour l’Alimentation, l’Agriculture et la Nutrition qui a fait suite à cette initiative.
Si le pic de la crise alimentaire est passé, le nombre déjà extrêmement élevé de personnes souffrant de la faim continue aujourd’hui d’augmenter à la faveur des impacts des changements climatiques et de la crise économique mondiale. Loin de reculer, ce scandale du XXIème siècle continue donc de se propager. Pourtant loin des promesses de l’an passé, on constate aujourd’hui que la France a baissé ses budgets alloués à l’aide alimentaire : de 52 millions en 2008, ce budget a replongé à 35 millions en 2009. La France par la voix de Nicolas Sarkozy avait promis un milliard d’euros sur 5 ans pour l’Afrique, mais il s’agit essentiellement de prêts. La différence entre prêts et dons trouvent toute son importance lorsqu’il s’agit de pays dont la plupart sont d’ores et déjà extrêmement endettés, voire non solvable. Accroître la part des dons, notamment envers les pays les plus endettés, serait plus efficace.
Venir en aide au sixième de la planète qui souffre de la faim et en particulier aux 20 millions d’enfants les plus gravement atteints par la malnutrition, nécessite, au-delà d’une exigence humaniste, un véritable engagement. L’heure n’est plus aux promesses ou aux sommets, il y a urgence ! ACF appelle donc les grands dirigeants du monde réunis lors de ce G8 à dépasser les jeux politico-médiatiques pour enfin s’attaquer sérieusement à la lutte contre la faim et la malnutrition. Cela passe notamment par :
- Des moyens additionnels et pérennes pour prévenir et traiter la malnutrition. 3 milliards de dollars seraient nécessaires pour répandre l’usage des Aliments Thérapeutiques Prêt à l’Emploi et ainsi traiter les enfants atteints par la forme la plus grave de la malnutrition. On estime également que 11 milliards de dollars permettraient de s’attaquer à toutes les formes de malnutrition. Pour rappel, plus de 1200 milliards de dollars sont consacrés aux dépenses militaires… et seul 9% des enfants atteints de malnutrition aiguë sont aujourd’hui traités.
- Une relance du Partenariat Mondial avec notamment une structure de contrôle et de traçabilité des fonds investis contre la faim pour plus de transparence et une meilleure coordination des actions des différents acteurs.
- Une relance des aides en 2010 après la chute dramatique de 2009. La « facilité alimentaire » européenne et l’annonce d’une aide de 4 milliards de dollars sur 3 ans des Etats-Unis sont des étapes positives mais encore insuffisantes. Rappelons par ailleurs qu’une aide uniquement orientée vers l’agriculture – si elle participera évidemment à améliorer la situation – n’est pas suffisante pour éradiquer la faim et la malnutrition. ACF appelle à une réflexion sur des mécanismes de financements innovants pour éradiquer totalement la malnutrition aigue qui menace de mort plus de 55 millions d’enfants chaque année. Extension de l’assiette de la taxe sur les billets d’avions, prélèvement d’une taxe sur les loteries nationales, affectation à la lutte contre la faim des legs et assurance-vie en déshérence faute d’héritiers : des moyens de financement innovants et pérennes existent. Les dirigeants réunis en G8 ont le devoir de les mettre en place.
La faim n’est pas une fatalité, mais tant que les volontés politique et citoyenne manqueront pour s’attaquer réellement à ce fléau, les chiffres continueront à grimper d’année en année. Quel niveau faudra-t-il qu’ils atteignent pour que la communauté internationale – dont le G8 - se mobilise enfin sérieusement ?
Jérusalem, le 17 juin 2009 : Nous, organisations non gouvernementales (ONG) et organismes des Nations Unies exprimons notre profonde inquiétude quant au blocus de Gaza, mis en place depuis maintenant deux ans par Israël.
Ces sanctions appliquées sans distinction affectant ainsi la population gazaouie toute entière (soit 1.5 million de personnes). Femmes, enfants, personnes agées en sont les premières victimes.
La quantité de biens autorisée à Gaza équivaut à un quart des flux commerciaux d’avant le blocus. Huit chargements sur dix contiennent de la nourriture mais même ceux-ci sont restreints à 18 sortes de denrées alimentaires. L’agriculture et l’élevage n’étant pas autorisés, les fermiers gazaouis ne peuvent combler le déficit nutritionnel. Même les vêtements, chaussures, jouets et livres scolaires sont régulièrement interdits.
De plus, l’asphyxie de l’économie gazaouie a conduit à un taux de chômage et de pauvreté sans précédent et à une dépendance presque totale vis-à-vis de l’aide internationale. Quoique les habitants de Gaza soient maintenus en vie grâce à l’aide humanitaire, les civils ont perdu toute qualité de vie à mesure qu’ils se battent pour survivre.
Les conséquences de la récente opération militaire israélienne continuent de se faire largement ressentir, étant donné qu’il est impossible de faire entrer du matériel de première nécessité. Des centaines de personnes vivent avec des trous dans leurs murs, des fenêtres brisées et sans eau courante.
Nous demandons, en vertu des accords internationaux, de la déclaration universelle des droits de l’homme et des règles du droit international humanitaire, un accès libre et non restrictif à l’aide humanitaire. Nous appelons également à une normalisation des échanges afin de réduire le chômage et la pauvreté.
Le blocus de Gaza créée chaque jour un peu plus une atmosphère de privations qui ne peut qu’aggraver le sentiment de désespoir et de dépit de la population. Le peuple gazaoui a besoin d’espoir et de dignité. Permettre le développement humain et la prospérité est le premier pas essentiel vers l’établissement d’une paix durable.
Signé par :
Action contre la Faim
Acted
Acsur-Las Segovias
American Friends of UNRWA
American Near East Refugee Aid
Asamblea de Cooperacion Por la Paz
Austcare
Biladi
CARE International West Bank and Gaza
Centre on Housing Rights and Evictions
DanChurchAid
Defense for Children International
Enfants du Monde-Droits de l’Homme
International Relief Fund for the Afflicted and Needy - Canada
Japan International Volunteer Centre
Life Source
Medecins du Monde France
Medecins du Monde Spain
Medecins du Monde Switzerland
Medical Aid for Palestinians
Movement for Peace
Mujeres por la Paz y Acción Solidaria de Palestina
Norwegian People’s Aid
Norwegian Refugee Council
Office of the High Commissioner for Human Rights
Oxfam International
Paz Ahora
Peace and Solidarity Haydée Santamaría, Cultural Asociation
Premiere Urgence
Relief International
Spanish Committee of UNHCR
Spanish Committee of UNRWA
Swedish Organization for Individual Relief
Terre des Hommes Italy
United Nations Development Fund for Women
United Nations Relief and Works Agency
War Child Holland
World Vision International
815 millions en 2002.
854 millions en 2006.
925 millions en 2007.
Le cap historique du milliard de personnes souffrant de la faim a été franchi en 2009… soit un sixième de la population mondiale. Qu’attend-on pour agir ? En 2000, tous les chefs d’Etat s'étaient pourtant engagés à diviser de moitié ce chiffre honteux d'ici 2015. Au-delà du constat d'échec, il est désormais urgent d’aller au-delà des promesses et passer à l'action. La faim n’est pas une fatalité : ACF appelle à un véritable engagement politique et à des ressources financières supplémentaires pour enrayer ce fléau.
"Depuis maintenant deux ans les chiffres de la faim explosent tous les six mois, avec des montées en puissance de dizaines de millions de personnes chaque année", explique François Danel, directeur général d'ACF, à la suite de l'annonce de l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
L’an dernier, suite aux émeutes de la faim, ACF appelait à la création d’un Fonds Mondial contre la faim et la malnutrition. Ce projet a pris la forme en juin dernier d’un Partenariat mondial pour l’agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition. Malheureusement, un an après, aucun moyen de financement n’y a été associé, affaiblissant considérablement la pertinence de cet outil. Dans le même temps, la France – à travers l’AFD - a baissé de 30% ses subventions directes à des projets de coopération internationale.
Pourtant, grâce aux avancées techniques de ces dernières années, il est aujourd’hui possible d’accroître de façon significative le nombre de personnes traitées et soignées. Seul manque les moyens financiers de cette ambition.
Face à cette tendance au repli sur soi et à l’indifférence vis-à-vis d’un milliard de personnes considérées comme des citoyens de seconde zone, il est urgent de faire face au défi social, politique, économique et tout simplement humain. La faim n’est pas une fatalité, mais tant que la volonté politique et citoyenne manqueront pour s’attaquer réellement à ce fléau, les chiffres continueront à grimper d’année en année. "Ce qui nous scandalise à Action contre la faim, c'est que ces chiffres de la honte ne cessent d’augmenter ; quel niveau faudra t-il qu’ils atteignent pour que la communauté internationale se mobilise enfin sérieusement ? ", s’interroge M. Danel.
30 ans après sa création, Action contre la Faim ne renonce pas et appelle à des solutions immédiates et ambitieuses pour lutter contre la malnutrition et améliorer la sécurité alimentaire du sixième de la population mondiale.
A deux mois des élections en Afghanistan, Anne Garella – chef de mission pour ACF en Afghanistan – revient sur la situation humanitaire des Afghans et la dégradation du contexte sécuritaire, sujets de frustration et de colère pour les Afghans. Les ONG tentent de soulager les populations victimes des conséquences cumulées de la guerre et de la sécheresse, dans un contexte d’instrumentalisation croissante de l’aide par les acteurs politiques et militaires.
« Plusieurs facteurs de déstabilisation de la population coexistent en Afghanistan. Mais la résurgence du conflit depuis 2008 est un élément majeur : la décision des administrations Bush et Obama, mais aussi d’autres pays, d’augmenter les contingents présents en Afghanistan a eu un « effet miroir » sur le nombre des forces insurrectionnelles, également en augmentation. Ce dernier fait a entraîné une multiplication des incidents de sécurité. Aujourd’hui, l’est, le sud et l’ouest du pays sont largement insécurisés. Le Nord est quand à lui en phase de déstabilisation. On constate en Afghanistan un renversement de la situation : jusqu’en 2008, le pays était majoritairement stable à l’exception de certaines zones d’insécurité. A présent, il reste quelques « poches de sécurité » dans un pays majoritairement instable. De ce fait, l’accès aux populations devient de plus en plus difficile dans tout le pays alors que celles-ci subissent de plus en plus les effets de la guerre. »
- Conséquences humaines
« Les civils se retrouvent pris entre deux feux et pâtissent évidemment de ces opérations. L’insurrection de son côté utilise la terreur pour asseoir son pouvoir, et s’en prend aux institutions internationales, aux représentants du pouvoir officiel (comme les gouverneurs de province), mais également aux civils. »
- Conséquences sur la sécurité alimentaire
« Le conflit auquel nous assistons en Afghanistan a par ailleurs des conséquences importantes sur la sécurité alimentaire des populations : l’accès à des provinces majoritairement agricoles come Ghor ou Day Kundi est de plus en plus réduit alors que les populations ont besoin qu’engrais, outils et semences y soient acheminés afin de pouvoir cultiver la terre. Même si les rendements agricoles s’annoncent meilleurs cette année, ils ne seront néanmoins pas suffisants pour assurer l’autonomie alimentaire de la population, vue la faiblesse de l’appareil productif. Le souhait de la Conférence de Paris de l’an dernier de remettre l’agriculture au cœur de l’aide internationale va demander beaucoup d’efforts s’il veut se voir appliquer. L’agriculture a en effet longtemps été le grand oublié de l’aide à l’Afghanistan, dans un pays pourtant majoritairement agricole. Les conditions climatiques de plus en plus dures en Afghanistan ne facilitent pas ce processus : plus qu’une sécheresse, c’est un véritable processus de désertification qui est notamment engagé dans les provinces de Ghor et Day Kundi et qui réduit d’autant la capacité de production des agriculteurs. Ainsi l’an dernier lorsque cette faible production locale s’est ajouté à la hausse des cours mondiaux, les prix de la nourriture ont explosé dans bien des zones du pays (jusqu’à 150%), plongeant d’autant les Afghans dans la pauvreté et la faim. Du fait de l’insécurité, il nous est impossible de lancer de véritable projets de développement qui s’attacheraient à réduire les impacts de cette désertification : nous pallions l’urgence mais ne pouvons faire de long terme.»
- Augmentation des personnes déplacées par le conflit
« Les pratiques migratoires changent depuis l’an dernier : par exemple, dans la province de Daykundi, c’était très souvent le fils aîné ou le chef de famille qui partait clandestinement en Iran. A présent, des familles entières quittent la province. En septembre 2008, les autorités locales ont enregistré 2000 demandes supplémentaires de passeport par rapport à l’année précédente. Ces demandes concernaient des familles. Même si il est difficile de connaître l’impact du conflit sur les mouvements migratoires, nul doute que les villages rasés et les cultures détruites du fait de la guerre de l’opium ont des conséquences sérieuses sur les populations. Les populations qui arrivent dans les camps aux abords de Kaboul se massent par familles entières dans des abris de fortune exigus en boue séchée. ACF souhaite que ces populations soient reconnues par le Haut Commissariat aux Réfugiés comme déplacés de guerre, mais parler de guerre en Afghanistan semble être un tabou pour cette institution, qui limite leur statut à celui de déplacés économiques. Il semble aussi y avoir une réticence de la part du gouvernement afghan vis-à-vis de ces déplacés : des pourparlers pour trouver des solutions d’assistance plus pérennes, telles que l’installation de puits et de latrines dans leurs lieux de regroupement, ont échoué car le gouvernement estime que les déplacés de Kaboul ne sont pas à leur place. Nous ne pouvons donc y mener que des distributions d’eau potable par camion. Enfin, il est toujours difficile de savoir s’il y a des camps de déplacés dans les régions de l’est et du sud, très difficiles d’accès : aucune donnée ne circule sur ces zones. »
« Les populations afghanes subissent également les conséquences d’une aide internationale de plus en plus instrumentalisée. En effet, l’aide est le plus souvent répartie par les forces de la coalition en fonction de leurs zones de combat, et donc de critères militaires et non en fonction des besoins des populations les plus vulnérables. Ainsi, quand 4 districts en situation de conflit ont perçu 16 millions d’euros d’aide de la France (AFD) pour la période courant jusqu’à la fin de l’année car ce sont là que les militaires français interviennent, d’autres restent sans aide alors que la situation exige une assistance. Ces fonds débloqués par l’AFD sont allés aux ONG qui mettent en œuvre les programmes suggérés par les CIMIC (civils rattachés à l’armée) dans le cadre de pratiques consistant à envoyer les personnels d’aide humanitaire après le passage des militaires dans une zone donnée. ACF refuse de s’intégrer à ces pratiques, car nous considérons que le rôle des militaires doit s’en tenir à la sécurisation, et ne pas empiéter sur l’aide. On ne peut d’ailleurs pas appeler cette aide, une « aide humanitaire » : le geste humanitaire se fonde exclusivement sur des critères de besoins et de solidarité et ne répond en aucun cas à des intérêts militaires ou politiques. S’inscrire dans une logique de corridor humanitaire en collaboration avec l’armée est donc impensable, c’est pourquoi ACF préfère s’assurer son propre accès humanitaire en travaillant sur son « acceptation » par la population. Cette acceptation se fonde sur le respect des principes humanitaires, d’indépendance, de neutralité et d’impartialité. Associer intervention politico-militaire et « aide humanitaire » nuit a la mise en œuvre de ces principes par les ONG et peut conduire à des situations qui mettent en danger la sécurité physique des travailleurs humanitaires et des populations bénéficiaires de cette aide : lorsque les Provincial Reconstruction Teams ou PRT (les CIMIC anglo-saxons) construisent des cliniques dans des zones ou les forces internationales interviennent, celles-ci sont détruites par les insurgés, car elles portent l’empreinte de la coalition, et attirent donc les actions violentes de la part des insurgés. Par ailleurs, certains zones – encore calmes mais vulnérables en termes humanitaires, telles que les provinces du Nord - du pays menacent de créer une violence factice afin d’attirer l’attention de la communauté internationale – seul moyen apparent d’obtenir une assistance qui fait jusqu'à présent cruellement défaut. Loin d’apaiser la situation, cette instrumentalisation peut créer au contraire davantage d’insécurité. De même, lorsque des communautés bénéficient de programmes justifiés par une logique politico-militaire, les bénéficiaires peuvent être pris à parti par les insurgés au motif qu’ils collaborent avec la coalition, et voir ce qui leur a été apporté détruit par les insurgés. Là est le danger d’associer la population civile à ce type de projet motivé par des objectifs politico-militaires. Par ailleurs cette confusion – entretenue sciemment - entre action humanitaire et stabilisation risque de positionner les ONG comme des cibles légitimes dans le regard des groupes insurrectionnels, Si ces organisations ne peuvent plus avoir accès à la population car ciblées par l’insurrection, alors c’est la population qui n’a plus accès à l’aide. »
« La crainte d’attaques se porte à présent sur les élections présidentielles et provinciales du 20 août prochain : des actions contre les postes électoraux et les représentants de l’autorité publique dans un contexte de guerre civile sont en effet à redouter. Un certain nombre de districts sont passés aux mains des insurgés. Dans certains de ces districts, les opposants au régime de Karzai veulent montrer à la population, exaspérée par 30 années de guerre, qu’ils représentent une alternative politique crédible. Et l’éventualité qu’ils puissent être entendus est grande, car l’assistance apportée par les autorités n’est pas satisfaisante : les livraisons de blé, par exemple, prennent fréquemment du retard, et bénéficient en priorité aux partisans du pouvoir en place, ce qui entraîne une certaine lassitude de la population. La population ne souhaite pas le retour des Taleb, mais il règne un certain désenchantement quant à l’intervention débutée en 2001, qui est de moins en moins soutenue par une partie de la population, quand celle-ci soutenait majoritairement la venue des troupes étrangères à leur arrivée. »
L’Afghanistan est le premier pays où ACF a ouvert une mission, en 1979. L’association intervient dans plusieurs provinces telles que Kaboul (ville et campagne), Day Kundi, Ghor, Samangan ou Parwan. Les actions engagées diffèrent selon les lieux d’intervention, et vont de la distribution de bétail, semences et nourriture à la prévention de la malnutrition, en passant par des programmes d’eau et d’assainissement. 6 expatriés et 150 employés nationaux viennent en aide à 180 000 personnes.
Une conférence débat est organisée par les étudiants en techniques de commercialisation le 19 mai 2009 à la salle poyvalente des Halles à 20h30.
Intervenants :
- Claire Gressieux pour ACF 37
- Claude Martin pour sa mission en Haïti
Le film "Nomad's Land" de Samuel Le Bihan sera projeté le jeudi 2 avril à la salle Ockeghem à 19H30.
Il sera suivi d'un débat.
1/ Présentation générale d’ACF :
2/ Intervention de Cécile Salpeteur (responsable nutrition au siège) sur la stratégie d’intervention, le contexte et les programmes en Mongolie
3/ Diffusion du film
4/ réponses aux questions du
public
| Février 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
|
||||||||||